Presque rien et pourtant


Braud Manuela

avenue Van Volxem, 299 - Forest


gravure , photographie , sculpture , techniques mixtes , vidéo

Pendant des mois, j’ai sillonné, récolté, répertorié et disposé des fragments de vie dans un cahier noir à pages blanches.
Comme un carnet de voyage atypique, chaque page explore l’espace et les recoins abandonnés. Cette classification est une manière de réinterpréter le monde afin de mettre en avant la matière. L’accumulation permet une perception plus accrue de la légèreté et de la volatilité des particules. C’est une forme d’ancrage dans le quotidien dans son rapport le plus archaïque et une façon d’être porté par le monde.
Reflet du flux de la vie, de rêveries nocturnes attentives aux détails, on se prend volontiers au jeu de la contemplation où le bruit du vent rythme le temps. Il s’agit bien d’écrire une page de mon existence passagère dans la dimension cyclique et inaltérable du temps. Le « Presque Rien » mit en exergue jusqu’à révéler l’infra-mince. C’est aussi voir ce qui apparaît et disparaît au moment même où il émerge du monde. Fine empreinte frôlant de son insignifiance le réel, l’infra-mince est présent au coin d’un regard, d’une particule d’émotion qui ne demande qu’à éclore.