PRIX HAMESSE EXPOSITION LAUREATS

2012/11/29 - 2012/12/09

Organisateur et adresse :
Service de la Culture
Rue de Parme, 69
1060 Bruxelles

La fondation saint-gilloise Pierre-Paul Hamesse a pour but de promouvoir les jeunes plasticiens depuis de longues années déjà. Cette année, nous avons décidé d’inviter les Lauréats des Prix du Public 2011 et 2012, Elise Wynen, Mathias Baijot et Gath.

Elise Wynen (Prix du Public 2011)


La ville a ses points de fuite et le monde, ses angles morts, ses décombres anonymes. Dans les vitrines des brocanteurs, observer annonce des étonnements lents, des prolongements aux rêves, la brusquerie d’un désir. De même, les bistrots se peuplent de gestes et de voix accoutumés aux usages, se meublent d’un décor qui apaise les ancêtres et raconte l’histoire au dernier passant.
Habiter recrute des manières de vivre, de voir, d’imaginer. Les paysages n’existent pas, mais il pleut parfois et l’eau demeure insaisissable. Les rues s’accoutument des intempéries, se gonflent d’un bouillonnement, s’étirent dans leurs géométries et reposent, sans impatience, tantôt ouvertes, tantôt intimes. Ce que l’œil en saisit ne dépossède rien et il n’y a aucune impatience dans les promenades. Regarder s’accomplit avec lenteur.
La lumière affirme sa rigueur et l’ombre se soucie d’intimité. Dessiner reflète, mais ne donne pas que le trait virtuose d’une perspective, le parcours intime d’un trottoir ou le cerne d’un aboutissement lointain. Sous la surface, l’évidence s’anime d’allures saugrenues, la vie s’augmente dans les recoins.
Pour Elise Wynen, la ville ne s’équilibre pas seulement d’être parcourue, elle doit se voir relue jusqu’à ses mythes, ses origines, et il n’y a de révélation que celle que le regard consacre.
(Jack Keguenne mars 2010)

Mathias Baijot (prix du public 2012)


Mathias Baijot laissera voir des dessins grand format entre figuratif et abstraction. Des lignes qui suggèrent une présence absente, des formes comme des prétextes à penser, des couches de matières qui se dévoilent et s’affirment pour mieux cacher des éléments construits de l’ordinaire, qui, ça et là, complexifient une géométrie étrange de paysages à découvrir. Une architecture variable.

Le temps faisait son boulot sur la ville. Rouler tant que c’était vert. Il voulait souvent fermer les yeux sur du plus jamais là. Tours grises, témoins qui bordaient sa chute. Se superposaient. Refaire cent fois seul le chemin qui fut à deux. Un défilé de balcons plissés, humides formait l’arène qui limitait sa scène. Escaliers de secours. Il ne pouvait vivre outre sa ville. Elle mettait ses mains dans ses poches ou quelque chose comme ça.
Puis se relever de nuit, se laisser guider, inépuisable, curieux à nouveau. Faire la part des choses et s’armer du meilleur. Des signaux, la chaussée, en travaux, des repères pour tantôt. Elle en voulait plus, ou quelque chose comme ça. Une lucarne, battant, ne pas osciller, consommer du présent plus loin que son nez. S’endimancher.
Excès de zèle enfin, se plaindre du moindre, retour aux habitudes, rehabiter vraiment et se construire autour. Pencher au balcon ses idées sur la rue. Se plaire dans un rétro, s’estimer présentable et se croire défilant. Participer au bruit et s’accouder au tumulte, projeter. Le temps a fait son boulot sur la ville. Il n’y pense même plus.

GATH Photography (prix du public 2012)


Leur démarche artistique explore les variations du corps et y intègre la nudité comme mesure du temps. Leurs photographies sont une chorégraphie entre le corps, la lumière, le geste et l’espace.
Qu’il soit en mouvement, placé en situation de lieu ou associé à la matière, le corps tel qu’ils le représentent, symbolise le seul élément qui leur appartient vraiment et dont ils ne peuvent se défaire que dans la mort.
La forme dans laquelle ils le présentent illustre son abandon au regard de l’autre mais aussi face à lui-même. Dans ses tensions, sa complicité, sa résonance à l’autre, sa solitude ou son érotisme, le corps n’est qu’apparence. Une partition éphémère dont ils jouissent chaque jour mais qui tend inexorablement vers la disparition.
Et parce qu’il est en perpétuel mouvement, même au cœur du sommeil, il leur faut en capturer les gestes dans des fragments de poses. Fixer une partie de son identité, révéler une part de l’être pour en restituer ces fragments de rêves, de cauchemars ou de fantasmes.
Dans leur composition, leurs photographies sont une forme d’hommage au corps, une déclaration d’amour en somme d’où la nécessité d’en saisir la trace, le mouvement et la présence ne serait-ce qu’un instant, un instant seulement.

Où ?
A la Maison Pelgrims

Quand ?
Vernissage : le 28/11/12 à 18h30
Exposition du 29/11/12 au 09/12/12
Ouvert du lundi au jeudi de 13h30 à 16h30 et le we de 14h à 18h


août 2017 :

juillet 2017 | septembre 2017


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