P4. Maison des Cultures

Rue de Belgrade, 120 - 1060 Saint-Gilles

Fous d’amour

Photographies d’Olivier Papegnies

Fous d'Amour

copyright Olivier Papegnies

Fous d'Amour

copyright Olivier Papegnies

Mon chéri, Mon p’tit cœur

Dessins et peintures de Béatrice Deminie, Christine Paul, Thierry De Geyte, Frédéric Hendboeg, Pierre Craenhals, Dimitri Pietquin.

Les peintures et dessins de « Mon chéri, mon p‘tit cœur » sont simplement magnifiques. Leurs couleurs sont chaleureuses et ce qu’ils nous montrent, tout à fait réjouissant. Comment en effet ne pas se laisser gagner par l’euphorie quand on nous décrit avec un enthousiasme aussi coloré, avec un appétit tout en orange éclatant, rouge vif et bleu brillant l’amour et ses délicieux effets sur ceux qui le vivent ? Comment en voyant cela ne pas prendre pour évident que l’amour, cela devrait être pour tout le monde ?

Pour les artistes qui ont réalisé ces œuvres, tous pensionnaires handicapés mentaux de « La Maisonnée » à Haut-Ittre, cette évidence en est une parce qu’elle est vécue alors qu’ailleurs bien souvent, elle n’est bien souvent qu’un vœu. En effet, encore aujourd’hui, il semble que cela puisse déranger de penser que diverses catégories de
personnes puissent avoir une vie affective et s’épanouissent sexuellement. Les vieux, les isolés, les handicapés… cela semble relever de l’impensable. Au-delà de leurs qualités esthétiques, le mérite de ces œuvres est précisément de nous amener à envisager cet « impensable » à nous faire admettre qu’il y a des débats à ouvrir plutôt que de se réfugier dans le non-dit, qu’il y a des questions à se poser plutôt que de subir le diktat des tabous.

À regarder ces peintures et dessins qui ne dépareraient pas au « Art & Marge Musée » on se dit que leur force tient essentiellement dans leur évocation poétique plus proche du sentiment que de ses effets. On pourrait aller jusqu’à craindre des représentations exactes, réalistes si tout à côté, il n’y avait le formidable travail photographique d’Olivier Papegnies.

Intitulé « Fous d’amour », celui-ci est un modèle du genre. Pas facile en effet de traiter avec pudeur d’un sujet relevant de l’intimité. Pas facile d’approcher les gens, de nouer des contacts de confiance. Pas facile de se faire admettre au point de pouvoir revenir photographier régulièrement tout au long d’une année. Pas facile surtout -mais c’est là toute la réussite de cet essai photographique - de s’engager, d’affirmer avec nuance un point de vue sans tomber dans les « bons sentiments ».

Dès lors la bonne idée ici est d’avoir choisi le point de vue de ceux que cela concerne le plus et de le dire d’emblée : « Parler d’amour entre personnes handicapées mentales suscite la gêne, le malaise, voire la réprobation. Et si on se plaçait à leurs côtés ? Les choses seraient infiniment plus simples, plus belles. » Olivier Papegnies a donc réalisé son reportage en immersion, ou plus exactement en connivence. Les images ne trompent pas qui nous parlent de la vie de tous les jours. Ici, au quotidien deux résidents de « La Maisonnée » vivant en couple depuis sept ans. Là, deux autres qui élèvent leur enfant de quatre ans de manière autonome en dehors de l’institution. Chaque fois les photographies sont justes. Souvent des petits moments qui en disent long et ce d’autant plus qu’ils s’inscrivent dans un contexte particulièrement bien rendu par un photographe plus soucieux de la vérité des choses que d’éventuelles images emblématiques.

Jean-Marc Bodson

Toi et moi on est pareil

par Hafsa Riani, Ikram Amyay, Chaïmae Aoulad Omar

Ce projet photo se base sur une expérience au niveau de l’expressivité audiovisuelle. Grâce au support photographique, les jeunes apprennent à dire avec des images ce qu’ils pensent car « parler avec des images est parfois plus facile que d’utiliser des mots ». Ce projet a pour but de travailler le sujet photographique comme moyen de communication avec les acteurs du quartier de Saint-Gilles. Les jeunes ont ciblé des sujets en relation avec leur quartier, la culture et le savoir-vivre en société qu’ils vivent au quotidien. Portraits, paysages urbains, rencontres sociales et « pensées photographiques » qui témoignent de leur propre vision de Bruxelles et de leur quotidien.
Une initiative de la Cité des Jeunes et de Bouillon Kube.