La Maison Hoguet

En 1928, Jean Hoguet décide d’installer ses ateliers de filature et de confection, les bureaux de son entreprise et ses appartements, rue de Rome, dans les environs immédiats du Parvis Saint-Gilles. Il confie la réalisation de ce bâtiment à l’architecte Jean Ligo. La Maison Hoguet est un exemple d’architecture industrielle de style « Art Déco ». La typologie de ce bâtiment correspond aux fonctions qu’il devait assurer. Au rez-de-chaussée, on y trouvait le garage, les bureaux, une entrée de service et les entrées privées. Le premier étage accueillait les appartements de la famille Hoguet. Les 2ème, 3ème et 4ème étages furent consacrés aux ateliers proprement dits. Deux galeries de style « Art-Déco » surplombent la grande salle du deuxième étage permettant ainsi à la lumière zénithale d’illuminer l’ensemble des étages supérieurs.

En 1970, la famille Hoguet décide de léguer son bâtiment à la Commune de Saint-Gilles à condition que celle-ci l’utilise à des fins culturelles. Dans un premier temps, elle est occupée par l’Académie de Musique jusqu’au moment où les travaux du métro vont menacer de destruction la quasi totalité de l’îlot formé par les rues de Rome, Moscou et la chaussée de Waterloo. Finalement, après de longues négociations, seules 14 maisons sont détruites. La Maison Hoguet est sauvée des travaux et la Commune décide de procéder à sa rénovation.
Aujourd’hui, on peut encore admirer de la maison originale la totalité du volume des ateliers, l’escalier en colimaçon et la façade d’origine classée en 1938.

Restaurée et inaugurée en 1997, la réaffectation de ce bâtiment est consacrée à une politique répondant aux besoins pressants de la lecture publique. Un des axes de cette politique, en raison des spécificités de la population saint-gilloise est d’arriver à une meilleure maîtrise du français. Pour ce faire, la Maison Hoguet accueille en ses lieux la bibliothèque et l’association « la Maison du Livre ».


La Bibliothèque communale

Dès 1865, les saint-gillois jouissent du privilège de pouvoir emprunter gratuitement des livres dans les bâtiments de l’école communale située rue du Fort. En 1907, ce service de prêt se transforme en une réelle Bibliothèque populaire et s’installe au 1, Parvis de Saint-Gilles. Cinq employés communaux gèrent le service qui édite un catalogue permettant le choix des lectures à domicile. Jusqu’alors, les lecteurs devaient consulter un fichier sur place. En 1959, la Bibliothèque populaire déménage au 134, chaussée de Waterloo et change de nom, pour s’appeler Bibliothèque communale. En effet, le Collège estimait que la dénomination de bibliothèque populaire n’indiquait pas suffisamment le caractère officiel et communal de cette institution. Jacques Franck prononça un discours inaugural en juin, rappelant ainsi le succès de cette bibliothèque : 650 lecteurs, 32000 prêts annuels et 20000 œuvres en tous genres. Le nombre de lecteurs va s’accroître jusqu’à la fin des années septante. Dès ces années-là, la bibliothèque s’installe au 25 de la rue du Fort. A cette époque, de nombreuses bibliothèques revoient leur fonctionnement et instaurent un système de libre accès. N’ayant pas la même vision, la bibliothèque de Saint-Gilles perd de plus en plus de lecteurs et commence à péricliter. Dans les années 80, la bibliothèque continue sa migration et s’établit au 108, rue Hôtel des Monnaies. En 1987, le fonctionnement ne se modernisant pas, la bibliothèque communale, ne répondant plus aux critères, perd la reconnaissance de la Communauté française en 1987. En effet, elle ne dispose pas de classement par matière, ni de salle de lecture et le créneau horaire est trop restreint. Toutefois, en 1989, une bibliothécaire diplômée est engagée en vue de réorganiser complètement la bibliothèque. En 1990, elle est secondée par une deuxième bibliothécaire. Ensemble, elles organisent une salle de lecture, mettent en place des animations et vont indexer, étiqueter et plastifier près de 15000 ouvrages en vue de constituer un fond de départ.

Plus qu’ailleurs, il était impératif à Saint-Gilles de relancer tout ce qui touchait à la lecture, au livre, à l’imaginaire. C’est pour cela que le Bourgmestre Charles Picqué et l’Echevin Alain Hutchinson inscrivent l’action de la bibliothèque dans un projet culturel et éducatif global en vue de redynamiser l’environnement culturel saint-gillois et d’obtenir l’agrément de la bibliothèque par la Communauté Française.

Dès 1995, la conclusion de nouveaux contrats-programmes apporta les moyens nécessaires à son essor. A coté de la gestion quotidienne, l’équipe réalisa de nombreuses initiatives visant à attirer les lecteurs, jeunes et moins jeunes, avec des expositions thématiques, des co-productions avec les écoles et les associations saint-gilloises. La bibliothèque de Saint-Gilles est la première bibliothèque de la Communauté française à organiser dans le cadre des « Mercredis des bébés » une animation réservée aux bébés et à leur littérature.

La bibliothèque communale propose plus de 50.000 romans, albums et livres documentaires pour adultes et enfants. Pour toucher un public important à Saint-Gilles issu de l’immigration, la bibliothèque propose un Fonds multiculturel composé en 2003 de 3500 ouvrages en français d’auteurs contemporains provenant d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Grèce, de Turquie, du Maroc, de Tunisie, d’Algérie. Ces livres traitent de l’histoire, la géographie et la culture de ces pays ou de la problématique de l’immigration et de l’exil. Ce fonds réunit aussi des livres d’auteurs belges consacrés à la culture et aux traditions du pays hôte. La bibliothèque procède à des achats continus d’ouvrages en vue de compléter ce fonds et de s’adapter aux publics concernés.
Enfin, la bibliothèque, c’est aussi des journaux et revues consultables sur place, des visites, des animations pour les classes et les groupes ainsi que des CD-roms et un tout nouvel espace multimédia.


La Maison du livre

Inaugurée en 1997, l’association de « La Maison du Livre » s’inscrit dans le même projet culturel et éducatif global que celui de la bibliothèque visant à répondre aux enjeux réels et aux besoins pressants en matière de lecture publique. Cette association a été créée pour donner la priorité à l’accès au livre, à l’écriture et à la lecture. La Maison du livre est ouverte à toutes et à tous, avec la volonté de développer des activités ludiques correspondant à tous types de public, comme des ateliers de lecture, d’écriture, de reliure et de photographie, des stages divers, des expositions, des conférences-débats, des présentations d’ouvrages, des tables-rondes, etc. Sa programmation est donc variée : destinée, d’une part, à des bibliophiles avertis et d’autre part, à un public « tout lisant ». La Maison du livre se veut donc être à la fois un haut-lieu de la littérature mais aussi et surtout un lieu vivant, au centre d’un dispositif scolaire et culturel à facettes multiples qui offre à chaque citoyen des outils de réflexion favorisant une meilleure insertion sociale et culturelle, des pistes pour un accès dynamique à une culture participative et citoyenne. Cette politique s’inscrit dans une dynamique de « dé-ghettoïsation » culturelle, avec l’ambition de devenir un espace où toutes les rencontres sont possibles, où chaque événement est porteur de sens.



juillet 2017 :

juin 2017 | août 2017


Liens utiles...